Contes érotiques autour Moyen-âge, par Fabien Prestigiacomo.
Le vendredi soir, l'Improbable Librairie nous émerveille, non seulement par son choix de livres neufs et d'occasion, mais aussi par des rencontres avec des artistes de grand talent, que nul n'avait imaginé découvrir en un lieu si discret. Des artistes, musiciens, chanteurs, compositeurs, conteurs ; lyriques, truculents, drôles, sensibles, charmeurs, d'une grande finesse d'esprit ; magie des gestes et des jeux de mots, incisifs lorsqu'ils abordent la vie en société, le couple... Une atmosphère énergisante, stimulante, qui permet d'oublier un instant les tracs du quotidien. Dans nos têtes fleurissent des alternatives, et au final, les portes de la librairie s'ouvrent sur des chemins qui ne sont pas défendus.
Les fruits défendus, ne l'étaient pas non, plus, vendredi soir, avec le conteur Fabien Prestigiacomo, accompagné en musique par Emmanuel Gaydon, qui a pris le public par la main pour l'emmener avec beaucoup de tact, sur les chemins de l'érotisme, mêlant avec discernement, les corps et les esprits, dans un univers fantastique, ponctué de touches celtiques, féodales, et arabo-musulmanes. Un monde où la femme-fée est une initiatrice qui prodigue des mots apaisant la bête humaine, le désir fou, parfois violent ou cruel, pour le métamorphoser en gestes tendres, en caresses souples, en attouchements libres, en épanchements limpides de lèvre à lèvre. Tout cela, conté avec douceur, tranquillité, subjuguant la simplicité des gestes de l'amour.

Certes les histoires d'amour finissent mal en général, mais ce soir là, les séparations se teintaient de joie et de mélancolie, les corps se fondaient en une dernière étreinte, et si l'érotisme est lié au sentiment amoureux, notre âme vibre aussi dans l'étreinte d'un ami qui part, d'une douce grand-mère, d'un compagnon d'armes, d'un enfant qui pleure ; dans la dernière phrase chaleureuse d'un orateur, d'un artiste, d'un conteur.
